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Reading Comprehension – Test 1

C2 Proficiency ReadingFrench

This C2 French reading test has three original texts in different genres: an opinion column, a literary short story and a book review. The 20 questions test gist, detail, inference, tone and idiomatic vocabulary in context. It suits advanced learners preparing for DALF C2 or similar exams, and teachers who need ready-to-print material.

Questions
20
Time
45 min
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7 pages
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Part 1: Opinion column

Read the opinion column and answer questions 1–7.

Loisirs sous surveillance

Il fut un temps, pas si lointain, où l'on pouvait jardiner sans mesurer le rendement de ses tomates, courir sans connaître sa fréquence cardiaque à la seconde près, lire un roman sans l'inscrire dans un tableau récapitulatif de fin d'année. Ce temps-là, je le crains, est en passe de rejoindre le rayon des curiosités historiques, quelque part entre le télégramme et la machine à écrire.

Car nos loisirs, autrefois refuges contre les exigences du monde professionnel, en épousent désormais la logique avec une docilité confondante. On ne se promène plus : on « cumule des pas ». On ne lit plus : on « relève un défi de cinquante livres ». Le vocabulaire trahit le glissement. Objectifs, progression, performance, bilan : les mots de l'entreprise ont franchi le seuil de nos salons sans même que nous songions à leur demander leurs papiers.

Loin de moi l'idée de jeter l'opprobre sur ceux qui trouvent dans la mesure une source de motivation. Il serait malhonnête de nier que le fait de consigner ses progrès puisse aider à persévérer, voire procurer une satisfaction légitime. Le problème ne réside pas dans l'outil, mais dans le renversement qu'il opère insidieusement : ce qui devait servir le plaisir finit par s'y substituer. Le coureur qui écourte une balade délicieuse parce que sa montre lui signale qu'il a « atteint son objectif » n'a-t-il pas, en quelque sorte, abdiqué au profit d'un contremaître miniature attaché à son poignet ?

Les sociologues ont un nom pour ce phénomène : ils parlent volontiers de « colonisation » du temps libre par les normes du travail. L'image est forte, peut-être excessive, mais elle a le mérite de souligner que nul ne nous impose cette discipline. Nous l'avons adoptée de notre plein gré, et c'est bien là ce qui la rend si redoutable. Une contrainte extérieure suscite la résistance ; une contrainte intériorisée se fait passer pour de la liberté.

À cela s'ajoute la tentation de l'exposition. Un loisir qui ne laisse aucune trace partageable semble aujourd'hui frappé d'une sorte d'inexistence. La randonnée non photographiée, le gâteau non publié, la partition déchiffrée sans témoin : autant d'activités qui, paradoxalement, paraissent moins réelles faute d'avoir été validées par un public. Or le regard d'autrui, aussi bienveillant soit-il, introduit immanquablement une dimension de comparaison, et la comparaison est l'ennemie jurée de la gratuité.

Car c'est bien de gratuité qu'il s'agit. Le loisir, au sens noble du terme, se définit par son absence de finalité extérieure à lui-même. On joue du piano pour le piano, non pour le nombre d'heures accumulées. On cultive son jardin pour le geste, l'odeur de la terre retournée, la patience que requiert la germination, et non pour battre le record de courgettes du voisinage. Dès lors qu'une activité doit se justifier par un résultat, elle cesse d'être tout à fait un loisir pour devenir une tâche déguisée.

Faut-il pour autant jeter nos montres connectées aux orties et brûler nos carnets de lecture ? Ce serait céder à une autre forme de rigidité. Je plaide plutôt pour une forme de désobéissance modeste : s'accorder, de temps à autre, une activité dont on ne retiendra rien de chiffrable. Une marche sans destination, un livre abandonné à la page quarante sans le moindre remords, un après-midi de bricolage dont personne n'entendra parler. Ces petites transgressions ne changeront pas le monde, mais elles pourraient bien nous rendre une parcelle de nous-mêmes.

  1. Quelle est l'idée principale de cette chronique ?

  2. Dans le deuxième paragraphe, l'expression « sans même que nous songions à leur demander leurs papiers » signifie que :

  3. Quelle est l'attitude de l'auteur envers ceux qui mesurent leurs activités ?

  4. Par l'image du « contremaître miniature attaché à son poignet », l'auteur suggère que la montre :

  5. Selon l'auteur, pourquoi une contrainte intériorisée est-elle « redoutable » ?

  6. D'après le cinquième paragraphe, le regard d'autrui pose problème parce qu'il :

  7. Que propose finalement l'auteur ?

Part 2: Literary narrative

Read the short story and answer questions 8–14.

Le piano de l'impasse

La maison se tenait au bout d'une impasse que le GPS de Noémie refusait obstinément de reconnaître. Elle dut se garer deux rues plus loin et finir à pied, sa sacoche d'outils lui sciant l'épaule. Au téléphone, la voix de l'homme avait été brève, presque rugueuse : « Un accord, rien de plus. Le piano n'a pas servi depuis longtemps. » Elle s'était attendue à un instrument négligé, des feutres rongés, une table d'harmonie fendue. Elle ne s'était pas attendue à cela.

Le salon était d'une propreté presque inquiétante. Pas un grain de poussière sur le couvercle du demi-queue, pas une trace de doigt sur le vernis noir. Quelqu'un, à l'évidence, entretenait ce piano avec une ferveur de conservateur de musée, tout en se gardant bien d'en jouer. M. Diallo — c'était le nom inscrit sur la boîte aux lettres — se tenait près de la fenêtre, les mains croisées dans le dos, et l'observait avec la circonspection d'un homme qui a fait entrer une inconnue dans une pièce dont il ne laisse d'ordinaire franchir le seuil à personne.

Noémie souleva le couvercle. Les marteaux étaient intacts, les cordes à peine ternies. Elle frappa le la du milieu : le son sortit, légèrement bas, mais d'une rondeur qui la fit sourire malgré elle. Les grands instruments ont ceci de commun avec certaines personnes qu'ils gardent leur voix même quand on cesse de leur adresser la parole.

Elle travailla longtemps, en silence, ainsi qu'elle en avait l'habitude. Accorder un piano tient moins de la technique que de l'écoute : il faut traquer les battements infimes entre deux cordes, ces ondulations que l'oreille non exercée perçoit à peine et qui trahissent un désaccord. Peu à peu, elle oublia la présence de son hôte. Ce n'est qu'en relevant la tête, au bout d'une heure, qu'elle s'aperçut qu'il s'était assis dans le fauteuil d'en face et qu'il avait fermé les yeux.

« Ma femme jouait, dit-il sans les rouvrir. Moi, je n'ai jamais su. Elle disait que j'avais des mains de déménageur. »

Noémie ne répondit rien. Dans son métier, on apprend vite que les confidences ne supportent pas d'être cueillies trop tôt ; il faut les laisser mûrir seules.

« Depuis qu'elle est partie, je le fais accorder tous les ans, au printemps. Comme elle. Mes enfants trouvent cela absurde. Accorder un piano dont personne ne joue… » Il eut un petit rire sans joie. « Ils n'ont peut-être pas tort. »

Elle rangea ses clés, referma sa sacoche. Elle aurait pu dire qu'un piano qu'on n'accorde plus se désaccorde lentement, irrémédiablement, jusqu'à n'être plus qu'un meuble ; que c'était là une raison pratique, parfaitement défendable. Mais elle sentait bien que la vraie raison était ailleurs, et qu'elle ne lui appartenait pas.

« Vous voulez l'entendre ? » demanda-t-elle.

Il hésita longuement. Puis il se leva, s'approcha du clavier avec la gaucherie de quelqu'un qui pénètre dans une langue étrangère, et posa un seul doigt sur une touche blanche. La note s'éleva, claire, juste, et resta suspendue dans la pièce bien après qu'il eut retiré la main.

« C'est ça, murmura-t-il. C'est exactement ça. »

Noémie ne sut jamais ce qu'il avait reconnu dans cette note. Elle repartit sans poser de question, et ce fut, de toute sa carrière, l'accord dont elle resta la plus fière.

  1. Qu'est-ce qui surprend Noémie en entrant dans le salon ?

  2. L'attitude de M. Diallo, décrite au deuxième paragraphe, révèle surtout :

  3. La phrase « Les grands instruments ont ceci de commun avec certaines personnes qu'ils gardent leur voix même quand on cesse de leur adresser la parole » suggère que :

  4. Pourquoi Noémie reste-t-elle silencieuse après la première confidence de M. Diallo ?

  5. Que peut-on déduire des raisons pour lesquelles M. Diallo fait accorder le piano chaque année ?

  6. Dans « avec la gaucherie de quelqu'un qui pénètre dans une langue étrangère », le mot « gaucherie » désigne :

  7. Pourquoi Noémie reste-t-elle particulièrement fière de cet accord ?

Part 3: Book review

Read the book review and answer questions 15–20.

Le Droit au silence, de Salomé Verhaegen : un diagnostic implacable

Il est des livres qui valent davantage par les questions qu'ils soulèvent que par les réponses qu'ils prétendent y apporter. Le nouvel essai de Salomé Verhaegen, Le Droit au silence, appartient sans conteste à cette catégorie, pour le meilleur et, parfois, pour le moins bon.

Le point de départ est d'une limpidité remarquable. Le bruit, rappelle l'autrice, n'est pas une simple nuisance parmi d'autres : il constitue l'une des inégalités les plus méconnues de nos sociétés urbaines. Les quartiers huppés se protègent derrière des doubles vitrages, des cours intérieures et des rues piétonnes, tandis que les populations les plus modestes logent le long des axes routiers, à proximité des voies ferrées ou des zones d'activité. Le silence, en somme, serait devenu un privilège qui ne dit pas son nom. La thèse n'est pas neuve, mais Verhaegen la développe avec une rigueur documentaire qui force l'admiration. Les chapitres consacrés aux effets du bruit chronique sur le sommeil, la concentration des enfants et la santé cardiovasculaire s'appuient sur un corpus d'études impressionnant, que l'autrice a le bon goût de vulgariser sans jamais le trahir.

C'est lorsqu'elle quitte le terrain du constat pour celui des propositions que l'ouvrage perd de sa superbe. Certaines pistes, comme la création de « zones de calme » protégées dans chaque quartier ou la prise en compte systématique de l'exposition sonore dans les projets d'urbanisme, sont aussi sensées que réalistes. D'autres laissent plus dubitatif. On peine à imaginer, par exemple, comment l'on pourrait instaurer un « quota de décibels » par habitant sans engendrer une bureaucratie dont le vacarme administratif n'aurait rien à envier à celui des boulevards. L'autrice semble d'ailleurs pressentir l'objection, puisqu'elle l'évacue en quelques lignes un peu expéditives, renvoyant à de futurs « travaux d'approfondissement » dont on devine qu'ils ne relèveront pas de sa responsabilité.

Plus gênant encore, le livre cède par endroits à une forme de nostalgie qui cadre mal avec sa visée progressiste. Évoquant les villages d'antan, où l'on n'entendait, à l'en croire, que le chant des oiseaux et le murmure du vent dans les blés, Verhaegen oublie un peu vite les forges, les charrettes sur les pavés et les marchés braillards qui faisaient de la vie rurale tout sauf un havre de quiétude. Ce silence idéalisé, que nul n'a jamais vraiment connu, affaiblit inutilement un propos qui n'avait nul besoin de ce secours.

Reste une écriture d'une grande élégance, qui n'est pas le moindre mérite de l'ouvrage. Verhaegen possède l'art rare de la formule juste, sans jamais verser dans l'effet de manche. Son chapitre final, consacré à ce qu'elle nomme « l'écologie de l'écoute », est à cet égard une petite merveille : elle y montre que le silence n'est pas une absence, mais une disponibilité, la condition même de l'attention que nous portons au monde et aux autres. Ces pages-là, à elles seules, justifient le détour.

Au total, Le Droit au silence est un livre inégal, mais nécessaire. On le refermera sans être tout à fait convaincu par les remèdes qu'il préconise, mais avec la certitude que le diagnostic, lui, est d'une justesse implacable. Ce n'est pas rien. Et c'est peut-être, au fond, tout ce qu'un essai digne de ce nom peut espérer accomplir : nous faire entendre ce que nous avions cessé d'écouter.

  1. Quel est le jugement d'ensemble du critique sur l'essai ?

  2. Selon la thèse de Salomé Verhaegen, le silence en ville est :

  3. L'expression « a le bon goût de vulgariser sans jamais le trahir » signifie que l'autrice :

  4. Comment le critique juge-t-il l'idée d'un « quota de décibels » par habitant ?

  5. Que reproche le critique au passage sur les villages d'antan ?

  6. Dans le cinquième paragraphe, « sans jamais verser dans l'effet de manche » signifie :

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This C2 French reading test has three original texts in different genres: an opinion column, a literary short story and a book review. The 20 questions test gist, detail, inference, tone and idiomatic vocabulary in context. It suits advanced learners preparing for DALF C2 or similar exams, and teachers who need ready-to-print material.

Topics covered

Reading comprehensionOpinion columnLiterary narrativeBook reviewInference and implicit meaningAuthor's tone and stanceIdiomatic vocabulary in context

How to use this test

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  2. Answer every question without a dictionary or time pressure.
  3. Check your answers and note the topics you need to review.

Notes for teachers

Each section can be used on its own as a 15-minute task, or all three as a full 45-minute test. Many questions target implicit meaning: irony, concessions such as 'Loin de moi l'idée…', and figurative images. Distractors often distort a detail from the text or overgeneralise the author's position. For follow-up, ask students to summarise each author's stance in two sentences, or to write a short reply to the opinion column.